"Regrets, culpabilité, dégout, colère, tristesse, déception, passivité
Ça résume une crise mais une cris c'est long et dur. Donc impressions:
Mon estomac gronde, mon ventre est creux, avide de nourriture. Dès que je me lève je manque de m'évanouir, parfois me vision se floute, mon c½ur bat à 40 au lieu de 80 pulsations par minute. Mes muscles me tiraillent, la fatigue est contente et est aussi la chose la plus dure à laquelle résister. Malgré tous ces avertissements qui sentent la mort et l'hôpital, je me sens bien presque satisfaite car je mincis, le creux de mes cuisses devient visible, l'os du cou plus présent et le ventre est aussi plat que s'il avait été repassé. Je peux profiter de ça car je fais des efforts tous les jours de cette semaine je n'ai mangé que le soir, soit deux cuillères à soupe de crudités diverses avec un peu de fruit soit juste un fruit. Des efforts juste de petite envergure qui ont de grandes conséquences dont celle de perdre 3kilos en 6 jours.
Là on effleure le bonheur, l'extase et on se rapproche de la perfection. Évidemment dans chaque conte de fée il y a un problème, le mien s'appelle "crise", un petit mot pour bien des souffrances.
J'approche de la cuisine, le lieu du crime. Et là je perds le contrôle, tout commence à m'échapper. Je mange tout ce que je trouve, j'engloutis tout ce qu'il y a à la maison. Effaçant ainsi tous les efforts dont j'avais fait preuve. Aggravant mon problème de poids.
Mon ventre de creux et plat passe à tendu, plein, trop plein et douloureux. La culpabilité monte en moi, le dégout, la colère contre moi même, je suis la grosse vache qui a craqué, qui est grosse, grasse et laide, qui va mourir dans sa graisse car elle n'a pas fait preuve de volonté, de force et de contrôle, l'espace d'un instant.
Pour minimiser les dégâts et les sentiments qui me rongent, je me mets à boire de l'eau en moyenne 2L qui ma font limite éclater puis je sautille en risquant la descente d'estomac. Ensuite s'ensuit la course aux toilettes. Je m'attache les cheveux, m'accroupis, mouille mes doigts puis les enfonce au plus profonde ma gorge pour enfin faire sortir l'objet du mal, des larmes noires de maquillage coulent sur l'émail glacé. Tout ce que j'ai ingurgité ressort par vagues après des efforts la douleur me brûle la gorge mais je veux tout virer ne rien garder qui pourrisse mon corps. Après, affaiblie, je me relève tire la chasse me lave les dents regarde toute ma bêtise qui s'est logé sur mon visage. Les joues bouffies et les yeux rouges, l'odeur de bile toujours là, je ressors de la salle de bain. Si je ne suis pas calmée, je cherche la lame au font de l'armoire, du coton, de l'alcool et là, je relève ma manche et coupe, voie le sang couler après quelques minutes et là je me sens enfin mieux. Je me suis punie de ce que j'ai fait. Mais la peur de recommencer elle, demeure.
Une crise qui m'a nécessité efforts, coupures, pourrissage de ma gorge et dents, qui m'a limite fait descendre l'estomac, a anéanti mes efforts de restrictions, la beauté que j'obtenais en 30min alors qu'il y a seulement 3min de relâchement.
Je jure plus jamais ça.
Jamais..."